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moussasleman



: Nov 26, 2010
: 76

: 28, 2010 8:00 pm     :




1970

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ADONIS
Prologue l'histoire des rois des t'ifa1
Enfant est le visage de Yf 2 L'arbre fltri s'pa -
Nouira -t-il? La terre entrera - t- elle dans une image vierge?
Qui, l-bas, branlera l'Orient? La belle
tempte s'est leve mais la belle dsolation n' est pas encore
venue Voix errante...

(Une tte dlirait, se livrait des pitreries. Porte bout
de bras elle clamait : Je suis le calife!) Ils vagurent,
creusrent une fosse pour le visage de 'Al C'tait un
enfant, un enfant blanc ou un enfant noir Yf, ses
arbres, ses chants Yf... Ils ont serr les
rangs, ont lacr le visage de 'Al

Le sang de l'gorg emplit les coupes.
Dites : C'est un cimetire.


Ne dites pas : Rose tait ma posie,
elle est devenue sang. Entre le sang

et la rose, rien qu'un fil de soleil.
Dites : Ma cendre est ma demeure.
Ibn 'Abbd aiguise l'pe entre tte et tte,
Ibn Jahwar est mort.
Au commencement il n'y avait
qu`une racine de larmes (je veux dire mon pays)
et la distance tait mon fil. Je me suis dnou
et dans le verdoiement arabe
mon soleil s'est noy.
La civilisation est civire,
la ville
rose paienne,
tente.



Ainsi commence ou finit le rcit :
La distance tait mon fil. J'ai rattach mes liens,
moi le cratre astral,
et j ai crit la ville
(lorsqu'on la tranait et que les pleurs taient son rempart babylonien).
J'ai crit la ville
comme suinte l'alphabet,
non pour gurir les blessures,
non pour ressusciter la momie,
mais pour ranimer les divergences...
(Le sang unit la rose au corbeau.)
Pour couper les ponts et laver les visages tristes
dans le saignement des sicles.
J'ai crit la ville, prophte marchant vers la mort.
Je veux dire mon pays,
mon pays cho,
cho, cho...


Ba s'est dvoil la tte, djim est une mche de cheveux.
J'entends ha suffoquer de sanglots
et ra telle croissant de lune
s'abmer et fondre dans les sables.
Disparais, disparais,
sang qui se fige et s'coule en dsert de mots.
Sang qui tisse le dsastre ou les tnbres, disparais!
Abolie est la magie de ton histoire.


Accordez-nous le pardon
Accordez-nous la grce
O cornes des gazelles
O cils des antilopes


J'hsite, je te vois, mon pays, chaque instant
dans une image.
Je te porte prsent sur mon front, entre mon sang et ma mort.
Es-tu rose ou spulture ?


Je te vois - horde d'enfants tranant leurs entrailles,
obissant, se prosternant devant les chanes,
revtant chaque coup de fouet
une peau nouvelle.
Es-tu rose ou spulture ?
Tu m'as tu, tu as tu mes chants.
Es-tu carnage ou rvolution?


J'hsite, je te vois, mon pays, chaque instant
dans une image.

Et ' Al interroge la lumire. Il va,
portant son histoire assassine
de cabane en cabane.

" Ils m'ont dit que j'ai une maison
comme ma maison d'Arh',3
que j'ai des frres au Caire,
que les frontires de Nssirah4
sont La Mekke. "

Comment la connaissance s'est-elle change en chane? Et la distance en feu grgeois, en victime ?
Est-ce pour cela que l'histoire refuse mon visage,
que je ne vois plus de soleil arabe l'horizon?


Ah, Si tu connaissais la farce !
(Tu peux l'appeler discours du calife. Ou carnaval.)
Elle a deux patrons:
l'un aiguise le couperet,
le second se vautre dans la poussire.
Si tu connaissais la farce...
Comment ? Par o t'es-tu gliss
entre la nuque du supplici
et la lame des bourreaux?
Comment ? Quoi ? As-tu t assassin ?
Tu tais comme les autres. Tu es fini, mais la farce n'en finit pas .
Tu tais comme les autres. Refuse les autres !

Ils sont partis de l-bas. Commence partir d'ici :
autour d'un enfant agonisant,
d'une maison qui s'croule
sous la pousse d'autres maisons.
Commence partir d'ici,
de la plainte des rues, de leurs vents suffoquants,
d'un pays dont le nom devient cimetire.
Commence partir d'ici, comme la tragdie
ou comme nat la foudre.
Es-tu mort ? Voici que tu deviens tonnerre
dans le giron de la foudre,
crant comme cre la foudre.
Vois comment tu t'es dissous
et comment tu ressuscites.
Tu es fini, mais la foudre n'en finit pas.

Ton seul bien tait l'ombre d'une tente. On y trouvait des
haillons, parfois de l'eau, parfois du pain. Tes enfants
ont grandi dans une flaque, mais tu n'as pas dsespr. Tu t'es rebell.
Tu es devenu les yeux, le rve.
Tu apparais dans une cabane sur le Jourdain,
ou dans Gaza, ou Jrusalem.
Tu assiges la rue en deuil
puis tu la laisses dans la joie des noces.
Mer, ta voix dferlante.
Montagne, ton sang jaillissant.
Et quand la terre te portera jusqu' son lit,
tu laisseras l'amant, au lgataire,
un double ruisseau
de ton sang vers deux fois.


Enfant est le visage de Yf L'arbre fltri s'panouira-t-il?
La terre entrera-t-elle dans une image vierge?
Qui, l-bas, branlera l'Orient? La belle
tempte s'est leve mais la belle dsolation n'est pas
encore venue Voix errante...
Le pass est dans son dclin mais ne dcline pas (Pourquoi le pass dcline-t-il et ne dcline-t-il pas ?) Dal, silhouette brise de tristesse.
(Pourquoi le pass dcline-t-il et ne dcline-t-il pas ?)
Qaf, dans l'imminence, plus proche que porte d'arc.
Je rclame l'eau et il me donne du sable.
Je rclame le soleil et il me donne une caverne.

Es-tu matre? Tu le resteras.
Esclave? Tu le resteras .
Ainsi va le rcit : Il me donne une caverne, moi qui lui rclamais un soleil. Pourquoi le pass a-t-il dclin et ne dcline-t-il pas? Pourquoi cette terre gnitrice de douleurs, cette terre monotone?

Es-tu matre? Tu le resteras.
Esclave ? Tu le seras toujours .
Change l'image, change le drapeau ; toi, tu ne changeras pas.
dans une gographie qui se prolonge... et se prolonge... Le matre rsidant en premire page fait son entre, mont sur une bte de la taille d'un gibet. Il se mue en statue pour remplir les places publiques.(Et l'pouse du gouverneur se lavait le croupion, tandis qu'autour d'elle des femmes chevauchaient un javelot et que des hommes enregistraient leurs battements de coeur sur un temps froiss comme chiffon palp entre les doigts...)
Kaf frmit sous un noyau de refus profond comme la lumire. Ta : histoire toiture de cadavres et vapeur de prires. Alif : potence trempe de lumire fangeuse.
Ba : couteau qui dcortique la peau humaine et la faonne on semelles pour pieds clestes... dans une gographie qui se prolonge...
et se prolonge...


Des arbres ont pour fruits la mtamorphose et la migration dans la lumire. Ils sont ancrs en Palestine et leurs branches sont fentres. Nous avons cout leurs distances, lu avec eux l'toile des lgendes. Soldats et juges font rouler les os et les ttes. Des hommes dorment comme dort un rve : chasss, tirs vers l'errance...
De quelle manire commencer?
(Un pain me suffira, et une cabane. Dans le soleil je trouverai
de quoi me donner l'ombre. Non, je ne suis pas le casque du
gladiateur. Je ne suis pas le bouclier du chef. Je suis le Jourdain.
Je trie les fleurs et les sduis. Sang qui s'coule.
Je m'enfouis dans ma terre - mon sang sera son eau.
Mon sang sera ce veilleur fragile : poussire mlant l'amant errant au vent. Restera la sve...)



Un enfant chuchote Enfant est le visage de Yf
Ici est tomb le rebelle Hafa gmit dans une pierre noire
et le palmier qui a couvert Marie de son ombre pleure J'ai murmur la faim est dans mes talons et la terre palpite entre mes paumes Nous avons dvoil nos secrets
(chemins seront les taches des larmes)
Je palpe le flanc de la lumire qui dracine
le dsert et l'univers ligot avec une corde d'anges Vois-tu les traces d'un astre? L'astre entend ma voix
Je rpterai aprs lui et rpterai encore Au temps
des cendres, un homme jeta son histoire aux braises de nos jours et mourut


(Tant que l'Etat subsiste, tu ne connatras pas la libert.) Te souviens-tu ? La prison tait chant. Te souviens-tu ? (La base, le pouvoir des travailleurs...) Quel intrt? La rvolution se dgrade, se rduit un mot, se rallonge comme une table. As-tu lu la Sourate de la Table? Un feddayin traait son nom en lettres de feu et mourait dans les gorges glaces.
Jrusalem trace son nom. L' Etat ne cesse d'exister. L' Etat existe toujours.
Cependant, le fleuve gorg suit son cours.
Toute eau est visage de Yf,
toute blessure est visage de Yf,
et les millions qui crient leur refus
sont visage de Yf.
Les amants sur les terrasses, dans les chanes ou dans les tombes sont Yf.
Et le sang qui s'coule du flanc du monde est Yf.


Au nom de Yf,
Nomme-moi Qays,
Nomme la terre Layl.
Au nom d'un peuple qui brandit le soleil
en salut,
Nomme-moi grenade ou fusil.



Voil ce que je suis : (non, je n'appartiens pas au sicle du dclin )
je suis l'heure du viol immense et le sisme des ides. Voil ce que je suis. Une nue est passe,
enceinte d'un tourbillon de folie.
L'errance s'est sauve sous ma fentre, disent les autres .
Mais que disent les autres?


Il veille sur le troupeau de ses paupires.
Il lie l'trange a' l'trange.
Voil ce que je suis : je lie l'trange l'trange .

Ainsi ai-je crit l'Histoire :
Au-dessus du minaret,
Une lune trille les chevaux
Et dort dans les bras d'une amulette.
J'ai not : la dfaite a macul la chair des sicles,
Oran est comme Kzimiyyah5
Damas est Beyrouth la vieille -
Dsert qui avale les saisons, sang pourri.
Le feu des symboles a cess d'engendrer les cits
Et l'espace.
J'ai not : ce qui reste n'est que sang snile l'agonie.
La dfaite a macul la chair des sicles


dans une gographie qui se prolonge et se prolonge
l o le mot devient trame aux mailles cribles de trous
comme du coton gonfl. Des jours porteurs de membres
transpercs entrent dans une histoire vide de tout sauf
d'ongles. Des triangles en forme de femme gisent enre page
et page. Toute chose vient la terre travers le chas du mot :
insecte, dieu, pote,
par la piqre, par l'insomnie et la fivre dans la voix ; par
les balles et les ablutions; par la lune; par la formi de
Salomon; par les champs qui fleurissent de banderoles sur
lesquelles on a inscrit : " A la recherche du pain ", ou " A la
recherche d'une fesse, mais on secret ", ou " Le mouvement
est-il dans les pas ou dans la route ? "
La route est de sable. L'air se courbe au-dessus d'elle et le pas
est un instant, lisse comme le galet...



Et le temps allait se projeter hors du temps, et ce que l'on
appelle patrie s'asseyait sur le rebord de l'instant et frlait
la chute. " Comment la retenir ? " demanda un homme
enchan et demi-musel. Pour toute rponse il reut une autre chane,
et une foule dense comme le sable se mit scrter une distance de la taille de lam, mim, alif. ou de sad, ' ayn, ya, h, kaf, et la pitiner, tissant tendards, tapis, coupoles, btissant un pont pour relier l'au-del au monde...
Une mouche passa par l et s'installa sur le mot. Aucune
lettre ne remuant, elle s'envola sur ses ailes dployes.
Survint un enfant qui demanda o tait le mot. Une pine
lui poussa dans la gorge et envahit sa langue...
dans une gographie qui se prolonge... et se prolonge...
" L'ennemi gagne, eux ils perdent. Il avance, eux reculent; il s'allonge, eux rapetissent, se rduisent un drapeau en berne, une voix teinte. Et les rois s'acharnent colmater les brches... Quand la situation s'aggrave, l'Andalousie sollicite l'aide du bon roi pour sauver la rgion de Jazrah, tombe aux mains des Espagnols. Il se contente d'offrir
regrets et condolances, disant que la guerre est une comptition
et qu'ils sauront bien se tirer d'affaire...l'ennemi cesse de les attaquer et les combattre, de jour comme de nuit. Il les chasse de leurs places fortes, les boute hors de leurs demeures. Il les crase et les extermine par la mort ou la captivit... "
dans une gographie qui se prolonge et se prolonge

Viendra un temps entre roses et cendres
o toute chose s'teindra,
o toute chose commencera .

. je chante ma tragdie. Je ne me vois plus qu' la pointe de l'Histoire, sur le fil de la lame. Je commencerai, mais o ? D'o ? Comment m'expliquer, et dans quelle langue Celle dont je me nourris m'a trahi. Je l'attesterai et je vivrai sur la crte d'un temps dfunt. Je marcherai sur la crte d'un temps qui n'est pas encore venu.


Mais je ne suis pas seul Voici la gazelle de l'Histoire. Elle ouvre mes entrailles. Le fleuve des esclaves mugit. Plus Je prophte, plus Je dieu... Nous venons et nous dcouvrons le pain Nous avons dcouvert une lumire qui nous guide vers la terre, dcouvert un soleil qui jaillit d'un poing ferm Apportez vos pioches. Nous portons Dieu tel un vieillard mourant . Nous ouvrons au soleil un chemin autre que les minarets, l'enfant un livre autre que les anges, au rveur un oeil autre que Mdine et Kfah Apportez vos pioches Je ne suis pas seul



Enfant est le visage de Yfa L'arbre fltri s'panouira-t-il? La terre entrera-t-elle dans une image vierge? Qui, l-bas, branlera l'Orient?
La belle tempte s'est leve mais la belle dsolation n'est
pas encore venue Voix errante...
Ils sont sortis des Livres vtustes o pourrissent les origines.
Ils sont venus comme viennent les saisons.
Les cendres ont treint leurs contraires,
Les champs ont march vers les champs.


Non, il n'appartient pas au sicle du dclin:
Il est le sisme des ides.
Il est l'heure du viol immense.
Beyrouth, automne 1970

1- Les Mulk at-tawi : rois des petites dynasties locales qui se partagrent le pouvoir en Espagne dans la premire moiti du 10e siecle, aprs la chute de l'emirat fond par les Omeyyades.

2 - La ville de Jaffa.
3 - Jricho.
4 - Nazareth.
5 - Quartier de Bagdad.
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